NOUS N’AVONS PAS VU LA NUIT TOMBER

THEATRE – création 22/23

Jesse, Baba, James, Paul, Christopher et le Type du Métro forment une constellation pendant quelques nuits parisiennes, faites de rencontres, de bagarres devant une boîte, de premiers métros, de petit-déjeuner au Père Lachaise. Ils sont les enfants sucrés et paumés de la fin du siècle dernier. Capables d’amour. La subversion est dans leur camp, dès qu’ils brouillent les sentiments, qu’ils troublent les relations, les orientations, les genres.

 

JAMES : Est-ce qu’on ne peut pas simplement s’en tenir au principe de réalité ? Paul, est-ce qu’on ne peut pas se contenter de constater l’impossibilité et s’y tenir ? Je voudrais qu’on s’en tienne à une vision politique de la situation. Des filles financent leurs études en se prostituant. Deux mecs s’aiment donc ne peuvent pas avoir d’enfants. La nuit ok on dit des trucs. Mais bordel !

PAUL : Comment tu es devenu si dur ? Depuis quand est-ce que tu manques autant d’imagination ?

Nous n’avons pas vu la nuit tomber saisit les dernières lueurs d’une constellation formée par Jesse, Baba, James, Paul, Christopher et le Type du métro pendant quatre nuits parisiennes à la fin de l’année 1999.
La friction entre écriture du réel et poésie laisse apparaître la liberté et la désobéissance instinctive de la jeunesse. Le début est un quasi scénario, qui glisse progressivement vers le poème dramatique fait d’un tissage des voix.
Jesse et Baba sont deux amies qui se prostituent pour payer leurs études. Si l’activité de travailleuse du sexe est claire pour Baba, Jesse semble perdue dans une relation sentimentale mais tarifée avec Christopher. Elles rencontrent un jeune couple : James et Paul, avec qui elles vont nouer une amitié forte et soudaine. Un personnage trouble, le Type du Métro, à la fois harceleur de rue et ange noir semble les poursuivre jusqu’à l’aube alors qu’ils sont réunis au Père-Lachaise. Alors que le matin se lève et que le nouveau siècle s’ouvre devant eux, Jesse a un terrible accident.
La nuit commence alors, ainsi que la solitude des personnages éparpillés dans la ville.
La scène vient peu à peu se ralentir et se figer, la présence musicale s’atténue et laisse place aux voix amplifiées des comédiens. Les corps se désincarnent et laissent place à la polyphonie et à l’épure de la scène. Les personnages deviennent des figures du souvenir, d’avant la nuit. Ils ont vieilli et les comédiens qui les incarnent ont volontairement vingt ans de plus.
Ils sont les enfants sucrés et paumés de la fin du siècle dernier. Capables d’amour. La subversion est dans leur camp, dès qu’ils brouillent les sentiments, qu’ils troublent les relations, les orientations, les genres.
Le spectacle tient de la performance, il est brut et urgent.

GÉNÉRIQUE

De : Lola Molina
Mise en scène : Lélio Plotton
Avec : Charlotte Ligneau, Flora Diguet, Antoine Sastre, Thomas Landbo, Gabriel Dufay et Charly Breton.
Création sonore : Bastien Varigault
Scénographie : Adeline Caron
Création Lumières : Maurice Fouilhé
Régie générale : Romuald Liteau-Lego
Réalisation du teaser et captation : Paul Poncet 

Texte édité aux éditions Théâtrales

Production et diffusion collectif&compagnie
Production Estelle Delorme
Diffusion Géraldine Morier-Genoud

Crédits photos Victor Tonelli, Gilles Vidal et DR

CREATION NOVEMBRE 2022

DATES

7 novembre, à 16h (générale ouverte aux pros)
8 novembre 2022, à 20h30 : Théâtre de Chartres – scène conventionnée.
6, 7 décembre 2022 : Maison de la culture de Bourges – scène nationale.
12, 13 avril 2023 : CDN de Tours-Théâtre Olympia.

 

 

NOTES D'INTENTIONS

Note de l’autrice. 

Nous n’avons pas vu la nuit tomber saisit les dernières lueurs d’une constellation formée par Jesse, Baba, James, Paul, Christopher et le Type du métro pendant quatre nuits parisiennes à la fin de l’année 1999.
La friction entre écriture du réel et poésie laisse apparaître la liberté et la désobéissance instinctive de la jeunesse. Ils sont les enfants sucrés et paumés de la fin du siècle dernier. Capables d’amour. La subversion est dans leur camp, dès qu’ils brouillent les sentiments, qu’ils troublent les relations, les orientations, les genres.
La première partie de la pièce est écrite comme un scénario : des séquences qui s’enchaînent, le début de la nuit Jesse dans son appartement, le métro pour rejoindre Baba, Créteil, un bar. C’est le flow de la soirée qui avance, mais qui s’autorise aussi les détours plus oniriques du flash-back souvenir ou de l’échappée libre vers la chambre d’hôtel qui hante les pensées. Ce sont les échos des rires et des violences qu’ils ont laissés dans les rues que je suis allée chercher. Cette énergie et cette liberté de la jeunesse, j’ai tenté d’en rendre les sensations par une immersion plus que par des explications. Je pense aux scènes de fêtes et de soirées chez Xavier Dolan.

Jesse et Baba sont deux amies qui se prostituent pour payer leurs études. Si l’activité de travailleuse du sexe est claire pour Baba, Jesse semble perdue dans une relation sentimentale mais tarifée avec Christopher. Elles rencontrent un jeune couple : James et Paul, avec qui elles vont nouer une amitié forte et soudaine. Un personnage trouble, le Type du Métro, à la fois harceleur de rue et ange noir semble les poursuivre jusqu’à l’aube alors qu’ils sont réunis au Père Lachaise. Alors que le matin se lève et que le nouveau siècle s’ouvre devant eux, Jesse a un terrible accident.

La pièce bascule alors dans le poème dramatique et nous fait entendre les voix des six personnages éparpillés dans la ville : Jesse perdue dans un coma convoque le souvenir de Christopher. Baba et le Type du Métro errent dans la ville, James et Paul font le rêve de quitter Paris et de faire un enfant.
Je pense à Manque de Sarah Kane dans l’isolement soudain des personnages, dans les voix qui continuent à se faire entendre, à chercher le contact des autres, l’amour peut-être, alors qu’ils sont au bord de la mort ou de l’âge adulte.

Lola Molina.

​Note d’intentions du metteur en scène.

Nous n’avons pas vu la nuit tomber est une pièce sur l’errance et l’amour.
La ville est ici le dédale de tous les possibles, c’est un personnage omniscient témoin de toutes les expériences de ces jeunes personnages. C’est le cadre dangereux et électrisant dans lequel les personnages vont s’aimer sans limites de genres ou de contrainte morale. L’espace urbain et nocturne façonne les personnages, il provoque leur énergie et l’intensité de leur désir.
Notre scène est l’espace et le reflet fantasmé de cette ville.

Les six comédiens occupent le plateau et la salle, ils jouent partout. Dans un mouvement organique et haletant, ils nous donnent à voir et à imaginer les bars, le métro, le cimetière. La lumière irisée sculpte les corps au plateau comme autant de réverbères et de lumières tamisées des appartements. Elle est pensée comme un seul mouvement, dans un souffle et permet aux personnages de circuler avec une grande fluidité, sans rupture.

Au lointain, comme pour un concert ou une rave, de grands haut-parleurs impulsent les rythmes et la patine des 90’s. La création musicale fonctionne comme le kick d’une batterie, elle donne le tempo au spectacle, marquant les accélérations et les ralentissements de la fiction. Le début est un quasi scénario, qui glisse progressivement vers le poème dramatique fait d’un tissage des voix. La scène vient peu à peu se ralentir et se figer, la présence musicale s’atténue et laisse place aux voix amplifiées des comédiens. Les corps se désincarnent et laissent place à la polyphonie et à l’épure de la scène. Les personnages deviennent des figures du souvenir, d’avant la nuit. Ils ont vieilli et les comédiens qui les incarnent ont volontairement vingt ans de plus.

Je vois cette mise en scène comme une performance. C’est un spectacle brut et urgent, comme si nous n’étions pas certains de pouvoir le refaire le lendemain.

Lélio Plotton. 

 
PRESSE

 » Les Oiseaux de nuit de Lola Molina et Lélio Plotton.
De pièce en pièce, il se profile dans l’écriture imprégnée de musique de Lola Molina une claire obsession pour la nuit, une attraction électrique pour la marge, un goût pour les relations-fusions ou du moins de forte intensité, un penchant pour cette zone en demie teinte où l’amour et la mort s’aimantent.
[…] L’autrice élargit son spectre en déployant une constellation de personnages dans l’entre-deux siècle. Des oiseaux de nuit pris entre deux feux, entre l’extinction des années 90 et l’aube des années 2000, entre l’insouciance de la fête et la réalité crue de la capitale, entre chape de plomb et désir ardent de liberté. C’est une pièce sur la jeunesse, sur une génération (ceux qui avaient 20 ans et des poussières lors du changement de siècle), sur le monde de la nuit, sur le monde d’avant aussi. Pure dentelle que la mise en scène de Lélio Plotton qui orchestre avec doigté la valse des corps et des dialogues. C’est un théâtre qui fait confiance au théâtre et laisse place aux interprètes. « 
Marie Plantin, Sceneweb, novembre 2022. 

INFORMATIONS DE PRODUCTION

Production : Compagnie Léla
Coproduction : Théâtre de Chartres – scène conventionnée, Maison de la Culture de Bourges-scène nationale, CDN de Tours-Théâtre Olympia, réseau Scène o Centre.
Avec le soutien à la production de la DGCA-Ministère de la Culture, ville de Vierzon.
La compagnie Léla est conventionnée par la DRAC Centre-Val de Loire et la Région Centre-Val de Loire.

Le texte a reçu le soutien de l’Association SACD / Beaumarchais, du dispositif Ecritures Théâtrales en Chantier de la Comédie Poitou-Charentes et de La Chartreuse – CNES.

Production et diffusion collectif&compagnie
Production Estelle Delorme – 06 77 13 30 88 – estelle.delorme@collectifetcie.fr
Diffusion Géraldine Morier-Genoud – 06 20 41 41 25 – geraldine.moriergenoud@collectifetcie.fr

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